L'annonce tombe. Votre direction vient de déclencher un PSE. Trente-cinq postes supprimés, peut-être plus. Les salariés vous regardent, attendent des réponses. Et vous, élu CSE, vous vous demandez : peut-on vraiment négocier autre chose que le minimum légal ?
La réponse courte : oui. Et souvent bien au-delà de ce que la plupart des élus imaginent. Dans les missions d'accompagnement que je conduis avec CE Expertises, l'écart entre ce que propose initialement la direction et ce qui finit par être signé peut représenter plusieurs milliers d'euros par salarié. Encore faut-il savoir où se trouvent les leviers.
L'essentiel sur les indemnités majorées en 4 points
- Trois niveaux d'indemnités existent : légale, conventionnelle et supra-légale (négociée)
- Des critères individuels (âge, handicap, ancienneté) ouvrent souvent droit à majoration
- La négociation d'un accord collectif majoritaire reste le levier principal
- L'expert-comptable du CSE, financé par l'employeur, peut doubler les montants obtenus
Points clés abordés
Indemnité légale, conventionnelle, supra-légale : ne confondez pas
Je le constate à chaque mission : la confusion entre ces trois niveaux d'indemnités fait perdre de l'argent aux salariés. Beaucoup d'élus pensent que l'indemnité légale est un maximum. C'est l'inverse. C'est un plancher.
L'article L1233-61 du Code du travail définit le cadre des PSE pour les entreprises d'au moins cinquante salariés licenciant au moins dix personnes sur trente jours. Mais ce texte ne fixe pas de plafond aux indemnités. Il pose une base minimale que tout accord peut améliorer.
Pour visualiser l'enjeu, prenons deux profils types. Les écarts parlent d'eux-mêmes.
| Type d'indemnité | Base de calcul | Exemple 10 ans ancienneté (salaire 3 000€) | Exemple 20 ans ancienneté (salaire 3 000€) |
|---|---|---|---|
| Indemnité légale | 1/4 mois par année (0-10 ans), 1/3 au-delà | 7 500 € | 17 500 € |
| Indemnité conventionnelle | Variable selon convention collective | 9 000 à 15 000 € | 18 000 à 30 000 € |
| Indemnité supra-légale négociée | Négociation accord majoritaire | 15 000 à 30 000 € | 30 000 à 60 000 € |
L'écart entre le minimum légal et un bon accord négocié peut donc atteindre le double, voire le triple. C'est là que se joue réellement la valeur d'un PSE pour les salariés concernés.
Attention : les indemnités supra-légales déclenchent un différé d'indemnisation chômage. Selon les données 2026 de l'Unédic, ce différé se calcule en divisant le montant par 111,8, avec un maximum de 75 jours pour un licenciement économique dans le cadre d'un PSE.
Les 3 cas concrets pour obtenir des indemnités majorées
Soyons clairs : les majorations ne tombent pas du ciel. Elles s'obtiennent en activant des leviers précis. Voici les trois principaux, par ordre d'impact potentiel.
Quel cas de majoration s'applique à votre situation ?
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Votre convention collective prévoit-elle des dispositions PSE spécifiques ?
→ Oui : vérifiez le minimum conventionnel (souvent supérieur au légal). → Non : passez au critère suivant.
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Le salarié a-t-il plus de 50 ans ou plus de 20 ans d'ancienneté ?
→ Oui : majorations fréquentes dans les accords (critères de priorité). → Non : passez au critère suivant.
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Une négociation d'accord collectif est-elle en cours ?
→ Oui : c'est le levier principal de majoration. → Non : vous êtes sur un document unilatéral, les marges sont plus limitées.
Critères de priorité individuels (âge, handicap, ancienneté)
Le Code du travail impose que les PSE accordent une priorité aux salariés présentant des difficultés de réinsertion professionnelle. En pratique, cela se traduit par des majorations d'indemnités pour certains profils.
Les critères les plus fréquents que j'observe dans les accords :
Profils bénéficiant généralement de majorations
- Salariés de plus de 50 ans (souvent +10 à +25% d'indemnité)
- Ancienneté supérieure à 20 ans
- Reconnaissance de travailleur handicapé (RQTH)
- Parents isolés avec enfants à charge
Mon conseil : ne vous contentez jamais de la grille initiale proposée par la direction. Ces critères sont négociables.
Négociation d'un accord collectif majoritaire
C'est ici que tout se joue. Un accord collectif signé par des organisations syndicales représentant plus de 50% des suffrages aux dernières élections CSE offre une flexibilité considérable.
75jours
Différé d'indemnisation chômage maximum en cas de PSE avec indemnités supra-légales
La différence entre un document unilatéral (imposé par l'employeur) et un accord négocié est massive. Sur le terrain, les accords négociés que j'accompagne prévoient généralement entre 0,5 et 1 mois de salaire par année d'ancienneté, contre 0,25 mois pour le minimum légal.
Franchement, sans négociation structurée, vous laissez de l'argent sur la table.
Dispositions de la convention collective
Beaucoup d'élus oublient de vérifier leur convention collective. C'est une erreur. Certaines branches prévoient des minima supérieurs au légal, parfois significativement.
Ce que vous devez vérifier :
Points à contrôler dans votre convention collective
- Indemnité conventionnelle de licenciement (souvent plus favorable)
- Durée du préavis conventionnel
- Dispositions spécifiques en cas de licenciement économique
La convention collective ne remplace pas la négociation. Elle fixe un plancher plus haut. Partez de ce plancher, pas du minimum légal.
Comment CE Expertises accompagne les élus CSE dans la négociation PSE
Face à une direction qui annonce des licenciements, les élus CSE se retrouvent souvent démunis. Les arguments économiques semblent imparables. Les chiffres présentés, incontestables. C'est là que l'intervention d'un expert-comptable spécialisé change la donne.
CE Expertises intervient exclusivement pour les instances représentatives du personnel. Cette spécialisation garantit une indépendance totale vis-à-vis des directions d'entreprise. Concrètement, le cabinet décrypte les motifs économiques avancés, audite les méthodes de quantification des suppressions de postes et accompagne la négociation jusqu'à la validation par la DREETS.
Comment un CSE a obtenu 0,6 mois par année au lieu de 0,3
J'ai accompagné les élus CSE d'une entreprise industrielle concernée par un PSE de 85 postes. La direction proposait initialement une indemnité supra-légale de 0,3 mois par année d'ancienneté. Les élus pensaient ne pas pouvoir obtenir davantage : les difficultés économiques semblaient réelles.
Après expertise économique, nous avons identifié des marges de manœuvre ignorées. Les motifs invoqués ne justifiaient pas l'ampleur des suppressions. Résultat : l'accord final a prévu 0,6 mois par année d'ancienneté, plus un congé de reclassement de 12 mois au lieu de 9.
Un point que beaucoup d'élus ignorent : la mission d'expertise dans le cadre d'un PSE est intégralement financée par l'employeur. Aucun coût pour le budget du CSE. C'est prévu par le Code du travail.
Le processus d'accompagnement CE Expertises
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Désignation dès R1 ou en amont
L'expert peut être mandaté dès la première réunion d'information-consultation, voire avant pour préparer les organisations syndicales.
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Décryptage des motifs économiques
Audit des méthodes de quantification des suppressions et évaluation de l'organisation cible.
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Accompagnement à la négociation
Conseil tout au long de la procédure jusqu'à la validation ou l'homologation par la DREETS.
CE Expertises propose une expertise unique intégrée couvrant à la fois les aspects économiques et les effets sur les conditions de travail. Cette approche permet d'identifier des alternatives au projet soumis et de limiter le nombre de licenciements.
Les mesures d'accompagnement souvent oubliées (et qui valent de l'argent)
L'erreur que je constate le plus souvent chez les élus CSE : se focaliser uniquement sur le montant de l'indemnité de licenciement. Les mesures d'accompagnement représentent parfois plus de valeur que l'indemnité elle-même.
Selon Service-Public.fr sur le CSP, le Contrat de sécurisation professionnelle prévoit une allocation équivalente à 75% du salaire journalier de référence pendant 12 mois maximum. Ce dispositif est obligatoirement proposé dans les entreprises de moins de 1 000 salariés lors d'un licenciement économique.
Les mesures d'accompagnement à ne pas oublier dans la négociation
- Congé de reclassement étendu (au-delà du minimum légal)
- Budget formation individualisé (3 000 à 10 000€ selon les accords)
- Aide à la création ou reprise d'entreprise
- Cellule d'accompagnement psychologique
- Prime de départ anticipé ou volontaire
- Maintien de la mutuelle au-delà de la portabilité légale
Mon conseil aux élus : dans les missions PSE que j'accompagne, ces mesures complémentaires représentent souvent 3 000 à 8 000€ supplémentaires par salarié. Ce constat est limité à mon périmètre d'intervention et varie selon le secteur et la santé financière de l'entreprise.
Pour approfondir les dispositifs de reconversion après un PSE, vous pouvez consulter les ressources sur les indemnités PSE et reconversion.
Vos questions sur les indemnités PSE
Le CSE peut-il refuser le PSE proposé par l'employeur ?
Le CSE émet un avis consultatif, pas décisionnel. Cependant, un avis négatif motivé et argumenté peut peser dans la décision de la DREETS lors de l'homologation. L'enjeu est de documenter les insuffisances du plan proposé.
Qui finance l'expert-comptable du CSE dans un PSE ?
L'employeur finance intégralement la mission d'expertise. C'est une obligation légale prévue par le Code du travail. Le budget de fonctionnement du CSE n'est pas impacté.
Quels sont les délais de la procédure d'information-consultation ?
Les délais varient selon le nombre de licenciements : 2 mois pour moins de 100 licenciements, 3 mois entre 100 et 249, 4 mois au-delà. Ces délais courent à compter de la première réunion d'information (R1).
Les indemnités supra-légales sont-elles imposables ?
Les indemnités de licenciement bénéficient d'une exonération fiscale et sociale dans certaines limites. Au-delà du plafond d'exonération, la part excédentaire est soumise à cotisations et impôt sur le revenu. Consultez votre expert pour le calcul précis.
L'employeur peut-il imposer un document unilatéral au lieu d'un accord ?
Oui, si aucun accord majoritaire n'est trouvé avec les organisations syndicales, l'employeur peut soumettre un document unilatéral à l'homologation de la DREETS. Les marges de négociation sont alors plus limitées.
Le mot de la fin : un PSE n'est pas une fatalité à subir. C'est une négociation à préparer. Les élus CSE qui obtiennent les meilleurs résultats sont ceux qui se font accompagner dès l'annonce du projet, pas ceux qui attendent la dernière réunion.
Si vous êtes confronté à cette situation, la première question à vous poser : avez-vous désigné un expert-comptable spécialisé ? Des cabinets comme CE Expertises interviennent sans coût pour le CSE et peuvent significativement améliorer l'accord final.
Précisions sur le cadre applicable
- Les montants et pratiques varient selon la taille de l'entreprise, le secteur et la situation économique réelle
- Chaque PSE fait l'objet d'une négociation spécifique - les fourchettes mentionnées sont indicatives
- Les conventions collectives prévoient des dispositions particulières à vérifier
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation juridique. Pour votre situation spécifique, consultez un expert-comptable du CSE (mission financée par l'employeur) ou un avocat en droit social.
